Transformation digitale, les entreprises ne suivent pas le rythme

la course au digital

 Où en est la transformation digitale des entreprises

Tout le monde est d’accord pour convenir que la transformation digitale est largement entamée, mais il n’apparaît pas à tous que cette transformation reste en devenir.
Lorsque je parle de transformation digitale,  j’entends parfois des directeurs marketing me dire : « ne pensez-vous pas qu’elle est derrière nous ? »
Ils s’expriment ainsi parce qu’ils ont développé des sites Internet, des applications mobiles, des vidéos sur des tablettes et parce qu’ils ont équipé leurs commerciaux de terminaux de dernière génération.

La révolution digitale est une révolution culturelle

 Il leur échappe que la transformation digitale est culturelle. Elle façonne notre manière de raisonner, nos représentations du réel, notre mémoire, nos modes de narration.
Un psychiatre explique par exemple qu’autrefois ses clients racontaient leurs rêves sur un mode narratif plus ou moins chronologique et linéaire.  Aujourd’hui,  certains de ses clients racontent leurs rêves sur le mode des jeux vidéos.
L’univers digital par sa dimension technologique et sa dimension virtuelle nous influence bien plus que nous ne l’imaginons.

 La révolution digitale imagine en permanence de nouveaux paradigmes

La dynamique du monde digital crée un mode de transformation permanent dont nous sommes bien loin d’avoir épuisé les ressources.
Nous pourrions citer entre autre,  l’influence du digital sur notre conception de l’information.  Autrefois diffusée par une « autorité » qui était censée l’avoir vérifiée et validée (le journaliste, le docteur, le présentateur de la télévision),  elle nous arrive en masse et nous laisse la responsabilité de la choisir et de la trier. Ses sources de production sont infinies,  il en naît tous les jours de nouvelles.
Notons encore l’influence du digital sur la manière d’appréhender la création artistique.  Le modèle Spotify a rendu les œuvres audio définitivement « gratuites », Youtube a entamé le processus pour les œuvres vidéo et Netflixe finira d’attacher la valeur d’un film à son exposition dans le catalogue plutôt qu’à la création.
On ne saurait oublier le potentiel offert par les réseaux sociaux qui portent l’ouverture vers l’économie collaborative,  immense révolution dans le rapport aux objets et à la propriété.
Et citons enfin, sans clore le sujet, les perspectives ouvertes par les objets connectés dans le domaine de la santé, de l’assistance ou de la production industrielle.

Non chères entreprises, vos sites Internet, vos applications mobiles et vos usages des réseaux sociaux n’épuisent pas le potentiel de la révolution digitale.

La révolution digitale transforme les attentes des collaborateurs

 Les entreprises qui ne comprennent pas la portée de la transformation digitale, se trouvent bien vite « ringardisées » aux yeux de leurs collaborateurs (ce seront des « Bolosses », pour les plus jeunes).  Elles contribuent à désenchanter leur image.
J’en veux pour preuve l’analogie avec l’univers de l’hôtellerie.
Dans les années 50,  les hôtels avaient une excellente image. Les clients y trouvaient un modernisme dont ils ne disposaient pas chez eux, les WC indépendants et la douche étaient un luxe.
Lorsque les nouveaux logements ont été largement équipés de WC indépendants et de douches, dans les années 60,  les hôtels ont perdu leur magie,  il a fallut élever les standards pour faire à nouveau rêver.

De la même manière, autrefois, on disposait sur le lieu de son travail,  d’éléments de confort ou de technologies qui valorisaient l’appartenance à l’entreprise.  On avait un bureau personnel,  une calculatrice,  un téléphone,  plus tard un ordinateur personnel,  toutes choses dont on ne disposait pas encore chez soi.
S’agissant d’éléments de reconnaissance, on admettait même facilement que le « bureau du chef » soit plus grand que celui du subalterne.

Aujourd’hui, dans le monde digital, les attentes portent sur des éléments plus substantiels.  Il s’agit :

  • de la capacité à accéder à l’information qui passe naturellement par la liberté de navigation sur Internet et sur l’équipement en terminaux récents,
  • du partage de cette information,
  • de la capacité à exprimer son opinion et à être écouté,
  • de l’utilisation d’applications de travail ergonomiques, esthétiques et faciles d’emploi.

Des entreprises « Bolosses »

L’adaptation des entreprises ne suit pas le rythme des transformations de cet univers.
L’entreprise offre trop rarement d’éléments de reconnaissance ou de valorisation pertinents dans ce nouveau domaine d’exigence.
La communication sur la stratégie ou les enjeux de l’entreprise émane encore trop souvent de la direction générale ou des RH dans un mode exclusivement « descendant ». Elle est diffusée dans un discours pesé et contrôlé qui provoque la défiance.
Rappelons que les préceptes du monde digital s’expriment de la manière suivante :

1/ il n’est pas de réalité acceptable tant qu’un soupçon de secret est envisageable

2 / Il n’y a pas de crédibilité sans pluralité des sources

3 / Il n’est pas de conviction avant d’avoir participé à un débat contradictoire

Pour des réseaux de sécurité ou de budget, les entreprises sont en retard sur le niveau des équipements dont peuvent disposer leurs collaborateurs dans leur vie privée.
Pire,  elles continuent à différencier le niveau des avantages sur des critères de hiérarchie (I-Phone 5 au comité de direction,  blackberry ancienne génération pour les collaborateurs, accès wifi et internet illimité pour ce même comité de direction, internet filaire et limitation à quelques sites autorisés pour le personnel).
Et pour les mêmes raisons de sécurité ou de budget, les portails et applications  proposés comme outils de travail aux collaborateurs sont parfois d’un design ou d’une ergonomie en retard d’une guerre sur les références de ces collaborateurs ou même sur ce qui est proposés aux clients .
Décidément beaucoup d’entreprises n’ont pas pris la mesure de ce que signifie la transformation digitale.

Elles risquent pour certaines d’en sortir « ringardisées » ou pour d’autres générations de  passer pour des « Bolosses»…  si elles en sortent.

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