La « blockchain », doit-elle faire peur ?

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La « blockchain », c’est la sécurisation de transactions sans tiers de confiance. C’est la décentralisation de la vérification des échanges.

Pourquoi ce mot déclenche-t-il tant de réactions ?

C’est le principe de la « blockchain » qui est à l’origine de monnaies comme le Bitcoin. Ces monnaies n’ont pas besoin qu’un état ou une banque intervienne comme tiers de confiance pour organiser les transactions.
Si ce genre de dispositif parvenait à s’imposer, les états pourraient perdre le contrôle des échanges monétaires, mais plus encore, il n’y aurait plus besoin de notaires pour enregistrer des actes ou d’avocats pour valider un contrat.

Comment un tel système peut-il fonctionner ?

Le principe de la « blockchain » consiste à faire opérer des transactions (tenue de compte, enregistrement d’actes…) sans utiliser de tiers de confiance (la banque, le notaire, l’avocat) mais en chargeant des milliers de personne de réaliser la même opération. La trace de l’information se trouve dans des milliers d’ordinateurs, ce qui lui donne sa valeur « probante ».

Mais comment s’assurer qu’un petit malin ne diffuse pas une fausse information qui serait reprise par tous les ordinateurs.

Se protéger d’un tel risque revient à résoudre le problème des généraux byzantins.
Ce problème se résume ainsi. Des généraux de l’armée byzantine campent autour d’une cité ennemie. Ils ne peuvent communiquer qu’à l’aide de messagers et doivent établir en commun un plan de bataille. Ils savent cependant qu’il y a des traîtres parmi eux et qu’ils doivent se méfier des messages qu’ils reçoivent. Quelle méthode doivent-ils utiliser pour parvenir à construire leur plan de bataille ?

La « blockchain » va repérer les traîtres

La « blockchain » se présente comme un journal de transactions enregistré dans des milliers d’ordinateurs. Il comporte un historique horodaté de toutes les transactions. Ce registre est formé d’une suite de chapitres (blocs) qui s’enchaînent, chacun regroupant les transactions effectuées dans une certaine période.
Chaque bloc de la chaîne contient des informations provenant du bloc précédant. On peut ainsi assurer le respect de la chronologie des blocs. L’ordre chronologique des « blocs » empêche les « traîtres » de modifier un bloc déjà validé car cela affecterait tous les blocs qui lui succèdent.
La chaîne une fois constituée est « inaltérable ».

La « blockchain » n’appartient à personne

Les échanges enregistrés dans le registre constitué par une « blockchain » sont distribués.
Ils n’utilisent pas de tiers de confiance qui valident les transactions. Ils fonctionnent grâce à l’ensemble des individus qui utilisent un logiciel en réseau.
N’importe qui peut participer à la validation des blocs, il n’y a pas d’autorisation à obtenir.
Il suffit d’accéder au réseau et de recevoir des blocs, puis de se charger d’établir la preuve qu’ils sont fiables.  La vérification d’un bloc repose sur un système cryptographique complexe.
Tous les membres du réseau reçoivent des messages contenant des blocs et chacun exécute le décryptage des blocs reçus. Il faut s’assurer qu’ils s’inscrivent bien dans la chronologie (ils comportent des informations sur les blocs qui les précédent), qu’ils ont la bonne syntaxe et qu’ils n’ont pas déjà été décryptés etc.

Le principe consiste à les considérer comme suspects à priori.

Bien entendu, chaque bloc comporte des contrôles qui le protègent des modifications et contribuent à son identification.
Dès qu’un bloc est validé il est accroché à la « blockchain » et le travail continue.
Tous les membres du réseau « accrochent » leurs blocs à la chaîne lorsqu’ils les ont validés.
A un moment ou un autre, un bloc « traître » peut être retenu par un membre du réseau. Mais ceux qui analyseront les blocs suivants n’accrocheront aucun bloc à ce traître, car les blocs suivants comportent des informations sur les blocs précédents qui sont incompatibles avec ce bloc traître.
Les blocs suivants seront ajoutés à la chaîne saine avec laquelle ils sont plus en cohérence et la chaîne « traître » va s’éteindre.
Tous les membres du réseau disposent d’une copie de la « blockchain » et toutes les versions de la « blockchain » doivent être identiques.
Si des versions divergent on choisit celle dont la construction a demandé le plus de travail.
C’est le principe du « proof of work » ou « preuve que le travail été fait ».
Le proof of work revient à retenir le décryptage qui aura nécessité le plus d’itérations. Ainsi, plus un individu du réseau aura de puissance de calcul, plus il pourra faire d’itérations et plus il pourra confirmer des blocs de transactions.
Les participants au réseau sont donc en concurrence pour valider les blocs.
De même qu’il n’y a personne pour diriger Internet, il n’y a pas de maître du « blockchain ». Comme pour internet, les règles de  fonctionnement sont régies par des protocoles techniques.

La transparence comme élément de sécurité

Pour garantir la sécurité, le réseau « blockchain » rend public tous les échanges effectués. Concrètement, chaque ordinateur connecté au réseau héberge une copie de tous les échanges effectués.
Le système le plus connu reposant sur la « blockchain » est certainement la monnaie BitCoin.
Les algorithmes utilisés pour cette monnaie ont été inventés par le mystérieux Satoshi Nakamoto qui a peut-être été imaginé pour dissimuler un groupe de développeurs. Ces algorithmes sont conçus pour décider de la confiance à accorder à une transaction. Cette monnaie révèle aussi les faiblesses de la « blockchain »… les hackers.

Et oui… nous n’avons pas encore trouvé le moyen de nous débarrasser des tiers de confiance.

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