Quelle place pour la relation à distance dans le banques ?

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Moovxo présentait ce matin dans les locaux de l’Observatoire des métiers de la Banque, le résultat de son étude sur le devenir de la relation à distance dans les banques.

L’hégémonie de la relation à distance dans les banques

Les contacts en « face à face » dans la banque ne représentent plus que 4 ou 5% du volume total des contacts. Désormais l’essentiel (en volume) de la relation des banques avec leur client se fait à distance. Même au sein des agences bancaires le temps consacré aux relations à distance (téléphone, e-mail…) ne cesse de croître.

Et pourtant dans les représentations du métier de conseiller bancaire, le contact face à face reste encore souvent la forme la plus achevée de la relation avec son client. Les conséquences en sont la persistance d’une séparation entre l’agence bancaire et le Centre de relation client dans leur rattachement hiérarchique, leurs prérogatives, leurs outils, leur dispositif de recrutement et de rémunération.

Une distinction agence bancaire et centre de relation client, qui perd du sens

Cette dichotomie a-t-elle bien vocation à durer ? Bien entendu les contrats sont encore très majoritairement signés en agence (pour des raisons technologiques, réglementaires et stratégiques qui ont leur justification). Mais alors que 49% des clients (67% pour les 18-34 ans) préféreraient signer leur contrat à distance, cette situation doit nous interroger.

Vers un équilibre centralisation / décentralisation

Dès lors que les activités et les compétences exercées en agence ou en Centre de la relation client ont toutes les raisons de converger, la question à résoudre deviendra celle du niveau de décentralisation du modèle de distribution. C’est à dire, non plus la question de la répartition des activités et des prérogatives entre agence et Centre de relation client, mais la question de la distribution des ressources qui peuvent être soit à proximité géographique des clients soit regroupées dans un même lieu pour bénéficier de tous les avantages d’une organisation centralisée. C’est une autre manière de poser la question de l’évolution de la distribution bancaire.

Non ! nous ne voulons plus être des « cibles »

Woman with the bow

Du « marketeur chasseur » au « marketeur accueilleur »
Le marketing des années 90- 2000 a atteint ses limites. Ce marketing conçu sur des principes de « prédation » (les clients sont des cibles, nos actions sont des ciblages) n’est plus en adéquation avec une société en profonde mutation. Les clients sont beaucoup mieux informés, les comportements sont bien plus diversifiés et les attentes qui réunissent le mieux nos clients, sont la confiance, la transparence et l’authenticité.
Dans ce contexte il nous faut renouveler nos modes de contact et de relation

Répondre aux évolutions sociétales
La société a connu des mutations profondes. Si les comportements des consommateurs (engagement, écoute, fidélité, influençabilité…) étaient carcatérisés sur le marché français par une homogénéité de comportements, on note depuis une quinzaine d’année un éclatement des réactions et des attitudes, du fait de transformations démographiques et sociétales. Le spectre des situations relationnelles et consommatoires est désormais beaucoup plus large.

Une offre qui tend à s‘homogénéiser du point de vue du consommateur
Les clients et prospects sont plus informés et plus matures, leur capacité d’évaluation des offres a augmenté. Cette maturité a modifié les critères de qualité perçue.
Une des conséquences est une sorte d’écrasement et d’homogénéisation de la valeur perçue des produits et services d‘un même niveau d‘offre.
Une offre de produits ou de services au niveau du « marché » et une relation client de « bonne qualité » ne suffisent plus à se différencier et à garder son avantage concurrentiel.

Quel renouvellement pour le marketing ?
Le niveau général de la qualité de la relation client s’est déjà beaucoup élevé pour l’ensemble des acteurs du marché, avec une très forte dynamique de progression : nouveaux outils, évolution des espaces de vente et de conseil, adaptations des processus…
Mais le jugement des clients sur la qualité de la relation n’a pas évolué dans les mêmes proportions. C’est que la valeur perçue de la relation client tient maintenant à de nouveaux critères qui sont la création de lien et de proximité.
Pour s‘améliorer sur ces critères, il est indispensable de changer de paradygme et de passer d‘un comportement de « chasseur » à un comportement «d‘accueil » du besoin relationnel.

Les outils du renouvellement de notre marketing

Les outils de la connaissance client :
On pense souvent à accumuler de nouvelles données et à les traiter différemment (Big data) pour augmenter la connaissance des clients, mais c’est la nature même de la connaissance des clients qu’il faut modifier.
Les segmentations « marketing » basées sur les données sociodémographiques ou financières n’apportent pas de réponses pour adapter la relation client aux nouvelles attentes relationnelles.
Les segmentations « d’expérience » (constituées à base de Personae) au contraire, intègrent des éléments d’ordre comportemental et culturel, ainsi que des critères de contextualisation.
Les personae proposent une manière différente de regrouper les clients et prospects en segments comportementaux.
Il s’agit de construire des groupes de clients qui présentent le même vécu subjectif de l’expérience dont ils sont partie prenante.
Chaque persona correspond à un « type » de clients caractérisé par le même niveau de perception cognitive, émotionnel et le même modèle de « valeurs relationnelles » :

  • Préjugés,
  • Evaluation de l’attention portée,
  • Importance du contenu du conseil,
  • Valeur accordée au temps

Il devient alors aisé d’adapter la personnalisation des sites ou la prise en charge par téléphone ou par Chat aux réelles attentes du client.
La « Persona » nous indique quels sont les critères de valeur perçus par le client (écoute, précision, disponibilité…), quels sont les obstacles à dépasser (méfiance, inquiétude, distance…), quel ton et quel niveau de réactivité mettre en œuvre.
La « persona » est bien l’outil de connaissance client le mieux adapté à cette évolution du marketing qui se préoccupe davantage des attentes relationnelles des clients.

L’évolution de la posture des personnels en contact avec le client
Les segmentations à base de « Personae » sont des instruments indispensables, mais rien ne changera vraiment dans la relation client, si la transformation ne concerne pas aussi la culture de l’entreprise.
Une réflexion sur la culture de l’entreprise doit accompagner la transformation de la posture des personnels en contact avec le client.
Trop d’années passées à se concentrer sur les volumes traités ou à rechercher systématiquement le rebond commercial, ont créé nos réflexes de « chasseurs »  que nos clients décryptent et dont ils ne veulent plus.

Le travail sur la culture de « l’accueil » sera à coup sûr le grand sujet de transformation de cette année 2017

Etes-vous prêts à accueillir le Big Data

Le Big Data occupe une place considérable dans les média et les conférences professionnelles mais pour beaucoup il a encore peu d’applications en entreprises.
Le réflexe consiste encore souvent à attendre que le sujet atteigne sa maturité avant de se l’approprier.
C’est une erreur, car le Big Data est une véritable lame de fond.
La technologie a mis du temps pour se stabiliser. Les infrastructures, les outils d’exploitation et d’analyse associés ont encore besoin d’être apprivoisés.

Les bénéfices du Big Data sont trop considérables pour que sa diffusion soit freinée

Avec le Big Data, une connaissance approfondie des clients et de leurs intentions d’achats devient possible. La connaissance des processus est améliorée et il est plus facile de « décloisonner » les Directions et les Marchés au sein des entreprises.
D’ores et déjà de nombreuses entreprises implémentent ou prévoient d’implémenter des technologies du Big Data. Elles trouvent des applications dans le domaine du marketing, de l’optimisation des réseaux commerciaux, de la finance, de la logistique etc.…
A titre d’exemple, selon le baromètre Accenture-L’Argus (2015), dans le seul secteur de l’assurance, 17% des DSI affirment avoir mis en place des technologies Big Data, mais 23% ont prévu d’en développer dans les 24 mois.
Les cycles de transformation se raccourcissent de plus en plus. Il est certain, qu’à un horizon de cinq ans, il ne sera plus possible d’ignorer les impacts du Big Data sur le fonctionnement des entreprises.

L’un des impacts à envisager concerne la transformation des organisations et des métiers

De nouveaux métiers apparaissent déjà, data scientist, chief data officer, d’autres doivent évoluer.
En ce qui concerne les métiers qui naissent, la rareté des formations et donc des candidats disponibles, peut constituer un frein à l’exploitation des données et donc réduire la valeur produite par les projets de Big Data.
Mais ce n’est pas le seul problème à anticiper. L’intégration de ces experts dans les équipes n’est pas toujours aisée.
Les expériences passées nous ont révélé la difficulté d’intégrer des experts aux salaires plus élevés que ceux de leurs collègues, mais aux parcours de carrière bien difficile à tracer.
Le cas des data scientists pourrait être plus épineux encore, compte tenu de leur importance stratégique.
Beaucoup de métiers d’aujourd’hui subsisteront, mais devront évoluer.
Le Big Data va produire des informations quantifiables et manipulables avec des outils statistiques et mathématiques.
Beaucoup de métiers qui basent leurs décisions sur l’expérience ou l’intuition vont devoir se réformer.
En effet, les prises de décision ne mobilisent plus les mêmes compétences, dès lors que les informations sont transformées en connaissance au travers d’algorithmes.

L’évolution de l’achat d’espace nous en offre une illustration : il y a vingt ans on achetait les espaces publicitaires dans la presse, la radio et la télévision à partir d’informations sommaires. C’était l’expérience, le savoir faire et l’intuition qui permettaient de traiter ces informations pour les transformer en décision.
Avec Internet, l’achat d’expositions (bannières sur les sites) se fait à partir d’algorithmes sophistiqués inspirés des outils des « traders » (30% des achats d’expositions sur Internet se font dans le cadre d’achats programmatiques).
Dès lors que la technologie existe, il est plus rassurant de confier la préparation des décisions aux machines.
Autre exemple, dans les centres commerciaux à la pointe du progrès technologique, des caméras captent l’humeur des clients et pilotent l’affichage des publicités et des messages dans les allées.
Le métier « d’acheteur d’espace » s’en trouve profondément modifié. Son poste de travail, dans un proche avenir, ressemblera au « desk » d’un « trader » bardé de courbes mises à jour en temps réel.
Tous les métiers qui peuvent prendre des décisions sur la base de données quantitatives (mode de décision informationnel) évolueront de cette manière. Ceci concerne les métiers du marketing (banques, assurances, constructeurs automobiles…) mais aussi les métiers de la logistique, de la communication, du contrôle et du pilotage.
Parfois ce ne sont pas les métiers eux-mêmes qui seront transformés, mais plutôt les frontières traditionnelles entre ces métiers.
Les actuaires qui font métier de modéliser le risque dans le secteur des assurances par exemple, seront confrontés à des data scientists qui disposeront de données en temps réel sur le comportement des assurés. Il faudra trouver une nouvelle articulation entre ces métiers.

Il est urgent de prendre la mesure de cette transformation
Tout ceci illustre combien il est important d’anticiper un monde dans lequel les données quantitatives et les algorithmes auront pris une place prépondérante.
C’est dès maintenant qu’il faut envisager les formations adéquates, les organisations adaptées et la manière de gérer l’évolution des postures des managers dont l’autorité est encore bien souvent basée sur l’adaptation à des modes de décisions intuitifs ou basée sur l’expérience.
C’est de tout cela dont nous débattrons lors de notre conférence du 2 octobre 2015 à 9h à la Défense :

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